Séminaire animé par Georges Didi-Huberman.
Les 1ers et 3e lundis du mois, 18 h-20 h, INHA, auditorium, à partir du 6 novembre.

Aby Warburg avait consacré une des planches de son atlas Mnémosyne aux figures antiques et renaissantes de la lamentation. Il y suggérait que cette forme culturelle — ou cette « technique du corps », comme eût dit Marcel Mauss —, très prégnante dans la bassin méditerranéen, s’était transmise dans la longue durée de l’histoire occidentale, ce qui aura permis à Ernesto De Martino d’observer cette prégnance sur le terrain ethnologique et musicologique. Nous tenterons, cette année, de rouvrir ce dossier immense. Nous partirons de deux singularités : deux images contemporaines, une œuvre d’art et une photographie de presse liées toutes deux aux événements du Kosovo. Nous aurons à interroger l’importance de la forme lamentation dans les images de l’histoire aujourd’hui, dans les débats esthétiques et éthiques qui traversent la réception de ces images. Nous tenterons d’analyser la façon dont les gestes deviennent réminiscents et, à partir de là, nous tenterons de construire la durée de cette réminiscence ou de ce Nachleben. C’est donc un nouvel « atlas » qu’il faudra établir, un atlas qui devra traverser les afflictions chrétiennes et musulmanes, les piétés occidentales et orientales, les déplorations tragiques et modernes.