Pratiques historiennes des images animées
Christian Delage, EHESS, amphithéâtre, 105 bd Raspail, lundi, 13h-15h, du 10/11/08 au 09/02/09.
Pour l’historien, un film ne s’inscrit presque jamais dans un univers déconnecté de toute référence. Il possède même de nombreuses marques d’historicité, signes, entre autres, du caractère collectif de sa production, de sa mise en œuvre et de ses usages. Marc Bloch avait ainsi vu dans le cinéma «un des plus merveilleux baromètres culturels et sociaux dont nous disposions… Gibier pour nous, vraiment». Les efforts menés ici ou là pour favoriser une approche méthodique de lecture des films ont contribué à leur appropriation par les chercheurs. Leur usage se répand désormais dans des travaux dont ils ne sont pas la source principale, tout en privilégiant, dans leur lecture, les exigences d’une analyse scientifique. Ce séminaire propose aux étudiants un état de l’historiographie du domaine et des outils de lecture des images animées, à la fois pour développer leur esprit critique et pour les familiariser avec des sources précieuses pour la recherche.

Histoire des images numériques
André Gunthert, INHA, salle Walter Benjamin, jeudi, 17h-19h30, du 13/11/08 au 18/06/09.
Le paysage des pratiques de l’image s’est considérablement modifié dans la période récente. De l’ordinateur au téléphone portable en passant par les blogs ou les plates-formes visuelles sur internet, de nouveaux outils de production, de stockage et de transmission des images, appuyés sur le développement des technologies numériques, ont connu une diffusion rapide. Le séminaire proposera une première approche de l’histoire de ces évolutions, de leurs répercussions culturelles et sociales, ainsi qu’une réflexion historiographique sur les conditions nécessaires à la construction du récit historique.
Séminaire de recherche ouvert aux étudiants formés en histoire, histoire de l’art, études cinématographiques ou études visuelles à partir de la licence et auditeurs libres.

Recherches en histoire visuelle
André Gunthert, INHA, salle Walter Benjamin, jeudi, 17h-19h30, du 20/11/08 au 25/06/09.
En articulation avec le séminaire “Histoire des images numériques”, ce séminaire est destiné à accueillir la présentation des recherches récentes dans le domaine de l’histoire visuelle. Les traditions, les codes et les registres de lecture de l’image avaient été forgées sur le terrain de la culture des élites. Sa vulgarisation par la technique est l’histoire de son appropriation par la culture mineure. Faire l’étude de ce champ ne consiste donc pas seulement à examiner un pan, parmi les plus féconds, de la culture populaire, mais à observer les effets de la rencontre de deux formes de culture, aux stratégies, aux concepts et aux temporalités antagonistes.

Peuples exposés (politique de l’imagination, suite)
Georges Didi-Huberman, INHA, auditorium, 1e séance le 10/11/08 puis du 01/12/08 au 18/05 /09.
Il s’agira cette année d’interroger la représentation des peuples. Walter Benjamin évoquait le rôle de l’historien comme étant de rendre la parole aux sans-noms (nous pourrions, aujourd’hui, ajouter : aux sans-logis, aux sans-papiers, etc). La question posée revient donc à savoir quel est le statut des “figurants” dans la représentation moderne, en particulier dans le cinéma. À partir d’une enquête de longue durée sur le portrait de groupe et la figuration des peuples — depuis Jacques Callot jusqu’à Francisco Goya, mais aussi depuis l’éthique humaniste jusqu’aux poèmes de Baudelaire —, nous étudierons plus précisément cette figuration des peuples dans le cinéma, à partir d’exemples précis dont les plus importants seront puisés dans l’œuvre d’Eisenstein, de Rossellini et, surout, de Pier Paolo Pasolini.

Le film et l’archive. Naissance d’une histoire visuelle
Magdalena Mazaraki, INHA, salle Fabri de Pereisc, vendredi, 18h-20h, du 21/11/08 au 06/03/09.
L’histoire des archives cinématographiques remonte au projet, proposé en 1898 par Boleslas Matuszewski, de créer à Paris les premiers dépôts de photographie animée à valeur documentaire. Le cinématographe est alors salué comme un nouveau moyen d’écriture de l’histoire et comme un nouveau type de document d’archive, au même titre que la photographie et le phonographe. Cette idée s’inscrit dans un contexte plus large où émergent des projets concomitants de création de musées de photographies documentaires (Harrison, Vidal).
Nous nous interrogerons sur le statut des images fixes et animées au XIXe siècle comme preuves et documents de l’histoire, à travers leurs différents projets d’archivage. Nous examinerons comment apparaît et se développe l’idée d’une archive du temps présent à l’usage des temps à venir, tant dans la réflexion structurée des cercles amateurs de photographie que par le biais de pratiques individuelles comme celles des premiers opérateurs Lumière. C’est au croisement de ces deux modes d’appréhension de l’image, théorique et empirique, que nous essaierons de dégager la typologie des regards portés sur le monde visible par la photographie et le cinématographe naissant.

Techniques de l’image et du son à l’ère numérique
Alain Delhaise, INHA, salle Fabri de Pereisc, vendredi, 18h-20h, du 20/03/09 au 12/06/09.
Ce cours propose une approche rigoureuse et actuelle de la chaîne de l’image et du son, destinée à appréhender les problèmes techniques fondamentaux, à aborder les technologies mises en œuvre dans les équipements, à expliquer les normes et les standards auxquels nous devons nous soumettre, avec en permanence en arrière-plan, les raisons physiologiques des choix effectués. Destiné à ceux qui veulent exercer une activité de création ou de diffusion de programmes, il est accessible aux débutants et aux non-spécialistes désireux d’approfondir leur culture technique dans ces domaines.
Séances: L’œil et l’oreille, physiologie et rappels de physique. L’optique pour la prise de vue. Couleur et colorimétrie. Les capteurs CCD et CMOS. Les caméras électroniques. Le signal vidéo analogique et numérique. La réduction de débit, MPEG et JPEG. Le stockage audiovisuel. La postproduction des images. La haute définition et le cinéma numérique.

Atelier “Problèmes et méthodes de l’histoire visuelle”
Gaby David, Audrey Leblanc, INHA, bibliothèque du CEHTA (horaires communiqués ultérieurement).
Réservé aux doctorants et masterants du Lhivic, cet atelier est destiné à la discussion des questions méthodologiques et à l’expérimentation des hypothèses de recherche.
Autres séminaires de l’EHESS, voir http://enseignements.ehess.fr/… (sous réserve de modifications).

Devoir à remettre pour le 29 mai 2008 (entre 5 et 10 feuillets). Sujets au choix:

Sujet 1. Commentaire de texte

Analysez et commentez l’article de Sylvain Cypel et Philippe Pons, “Hiroshima: ce que le monde n’avait jamais vu“, Le Monde, 10 mai 2008.

Sujet 2. Analyse iconographique

La plate-forme de partage de photographies Flickr a récemment choisi d’accueillir les contenus vidéos. Analysez et commentez cette évolution, en vous appuyant sur des exemples choisis.

La Conquête de l’instantané. Archéologie de l’imaginaire photographique en France, 1841-1895

Auteur: André Gunthert
Thèse de doctorat, EHESS (dir. Hubert Damisch), soutenance: février 1999.

Résumé: La thèse examine le projet de conquête de l’instantané photographique, entre 1841 (date de la première formulation d’un programme d’iconographie rapide) et 1895 (date de l’invention du Cinématographe Lumière). Proposant l’hypothèse d’un paradigme de l’instantané, comme un motif ayant fortement contribué à structurer l’imaginaire des photographes du XIXe siècle, cette étude établit une révision substantielle de la chronologie des technologies photographiques, sur la base d’un corpus en grande partie inédit. Elle permet de distinguer, par des critères clairs, deux genres proprement dits, jusqu’à présent confondus et mal caractérisés: la photographie rapide (1841-1882), et la photographie instantanée (à partir de 1882). Elle met notamment en lumière l’apport de Daguerre dans la naissance du projet photographique, l’importance de la formation de schémas interprétatifs pour l’appréhension des images, le rôle du développement dans la réduction du temps de pose, ou encore l’influence des modèles issus de l’iconographie scientifique sur la production des amateurs, qui annonce le photo-reportage. La thèse remet enfin en perspective l’invention de l’instantané dans le “roman de l’accélération” constitutif de l’imaginaire du progrès au XIXe siècle.

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Citation: André Gunthert, La Conquête de l’instantané. Archéologie de l’imaginaire photographique en France, 1841-1895, thèse de doctorat d’histoire de l’art, sous la direction de Hubert Damisch, EHESS, 1999, 372 p.

Mots-clés: photographie – histoire – instantané – daguerréotype – collodion – procédés secs – développement alcalin – gélatino-bromure – photographie amateur – photographie scientifique.

La consultation de cette oeuvre est placée sous le régime de la copie privée (art. L. 122-5 du Code de propriété intellectuelle). Tout autre usage requiert l’autorisation de l’auteur.

L’Illustration photographique. Naissance du spectacle de l’information, 1843-1914

Auteur: Thierry Gervais
Thèse de doctorat, EHESS (dir. André Gunthert, Christophe Prochasson), soutenance: octobre 2007.

image Résumé: Entre 1843 et 1914, la photographie devient en France le principal mode d’illustration dans la presse et donne forme à de nouveaux objets. La production photographique se massifie, la reproduction photomécanique permet d’associer les caractères typographiques aux images argentiques et la presse s’empare de ce nouveau tandem pour illustrer ses pages. Du journal L’Illustration créé en 1843 à La Vie au grand air qui se développe à la Belle Epoque, la photographie passe du statut de support iconographique pour le graveur au vecteur principal de l’illustration de l’information. La publication d’images se multiplie dans la presse et, sous la houlette d’un directeur artistique qui agence texte et photographies, le récit de l’actualité en image se déploie sur l’espace de la page, transformant le journal illustré en magazine. Entre ces deux dates, les protocoles de l’illustration photographique sont établis et produisent une information visuelle spectaculaire.

Abstract: Between 1843 and 1914, photography became the main means of illustrating stories in the French press, paving the way for many new kinds of publications. Photographic production increased massively during this period. Photo-mechanical printing methods made it possible to combine typecast letters and silver print images and newspaper editors rushed to use this new tandem to illustrate their pages. From the magazine L’Illustration, created in 1843 to La Vie au grand air, which appeared during the Belle Époque, photography’s importance increased enormously. Initially used by engravers as a basis for their drawings and not published themselves, photographs soon became the main medium for illustrating news stories. The press began using more and more photographic images. Under the guidance of artistic directors, skilled in the art of marrying words and images, picture stories began to cover newspaper pages, transforming illustrated journals into magazines. Between these two dates, the protocols of photographic illustration were established, producing a spectacular form of visual news.

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Citation: Gervais, Thierry, L’Illustration photographique. Naissance du spectacle de l’information, 1843-1914, thèse de doctorat d’histoire (dir. André Gunthert, Christophe Prochasson), EHESS, 2007, 554 p.

Mots-clés: histoire, illustration, presse, photographie, gravure, art, information.

La consultation de cette oeuvre est placée sous le régime de la copie privée (art. L. 122-5 du Code de propriété intellectuelle). Tout autre usage requiert l’autorisation de l’auteur.

Le conseil pédagogique de la formation Histoire du Master Sciences Sociales a fixé le calendrier des évaluations et des examens.

29 février: fin du premier semestre

A cette date, les étudiants devront remettre :
- Les travaux et les imprimés de validation des unités d’enseignement aux responsables des séminaires suivis
- Le plan du mémoire et le rapport sur l’état d’avancement de la recherche accompagné de l’imprimé d’évaluation au tuteur. Ces imprimés remplis et notés doivent être déposés au secrétariat le 17 mars.

30 mai: fin du deuxième semestre

Il y aura deux sessions d’examen de master:
- 1e session les 18 et 19 juin. Dépôt au secrétariat des mémoires de master et des validations des unités d’enseignement jusqu’au 30 mai. Un exemplaire du mémoire devra également être déposé au directeur et au rapporteur désigné. Organisation des soutenances orales jusqu’au 13 juin.
- 2e session les 6 et 7 octobre. Dépôt au secrétariat des mémoires de master et des validations des unités d’enseignement jusqu’au 19 septembre. Ils déposeront parallèlement un exemplaire du mémoire au directeur et au rapporteur désigné.

Organisation des soutenances orales jusqu’au 2 octobre

Une soutenance orale du mémoire de master sera organisée entre le directeur de mémoire et le rapporteur désigné. Les deux procès verbaux de soutenance, celui du directeur et celui du rapporteur, devront parvenir au secrétariat de la mention le 17 juin au plus tard pour la première session ou le 3 octobre pour la deuxième session.

Devoir à remettre pour le 17 janvier 2008 (entre 5 et 10 feuillets).

Sujets au choix:

Sujet 1. Dissertation
Commentez et analysez cette citation de Christine Rosen: «Aujourd’hui, nos autoportraits sont démocratiques et digitaux; ils sont faits de pixels plutôt que de pigments. Sur des sites de réseaux sociaux comme MySpace et Facebook, nos autoportraits modernes s’agrémentent de musiques d’ambiance, de photos soigneusement retouchées, de flux de pensées en continu, et de listes de nos hobbies et de nos amis» (”Amitiés virtuelles et nouveau narcissisme“, Nonfiction.fr, 29 novembre 2007).

Sujet 2. Commentaire de texte
Résumez et discutez le texte de Errol Morris, “Which came first: the chicken or the egg?“, New York Times, 25 septembre 2007.
- Documentation, voir: Mike Johnston, “Which came first: ‘on’ or ‘off’“, The Online Photographer, 30 septembre 2007.

Sujet 3. Analyse iconographique
Analysez la photographie lauréate du World Press Photo 2007: Spencer Platt, “Young Lebanese Driving Through Devastated Neighborhood of South Beirut“, 2006 (Getty images).
- Documentation, voir: Gert Van Langendonck, “My wishes become reality“, My Arabias, 23 février 2007; Magali Jauffret, “Visa pour l’image 2007“, Photographie.com, 8 septembre 2007.